J’ai eu la chance d’ĂȘtre interviewĂ© par Sirgeese, pour son podcast des Artypiques ! C’est un honneur d’avoir initiĂ© cette fabuleuse aventure auditive riche en dĂ©couvertes, en passant dans la toute premiĂšre Ă©mission. Encore merci Ă  Sirgeese pour son intĂ©rĂȘt et son amitiĂ©. Voici un large extrait de notre Ă©change, retranscrite avec tous les complĂ©ments d’info.

Retranscription de mon interview pour Artypiques

Sirgeese: Hello les amis, je suis trĂšs heureux de vous retrouver pour ce premier Ă©pisode d’Artypiques, podcast dĂ©diĂ© aux artistes atypiques. Pour cette premiĂšre interview, j’ai invitĂ© Poncho, que j’avais dĂ©jĂ  eu l’occasion de rencontrer Ă  plusieurs reprises, elle m’avait particuliĂšrement plu de par ses talents de graphiste et l’ensemble des projets qu’elle a menĂ© depuis plusieurs annĂ©es, mais aussi par ses crĂ©ations issues de sa dĂ©marche de rĂ©duction des dĂ©chets et des pratiques Ă©co-responsables qu’elle prĂŽne dans ses valeurs et ses process de crĂ©ation. Mais je ne vous en dit pas plus, place Ă  l’artiste : je vous dĂ©voile un large extrait de notre conversation.

Sirgeese : Bonjour Poncho, merci d’avoir acceptĂ© mon invitation et d’ĂȘtre ma premiĂšre invitĂ©e d’Artypiques. Alors avant de commencer Ă  en savoir plus sur toi, je te propose de nous dire qui tu es et quelles sont tes activitĂ©s.

Poncho : Salut Sirgeese, merci pour l’invitation ! Alors je suis une artiste du Haut-Doubs spĂ©cialisĂ©e dans l’illustration, les livres, la BD un peu aussi, la papeterie crĂ©ative, et les lamas.

Sirgeese : Oui les lamas effectivement, on en reparlera un peu plus tard,.. mais tu as aussi dĂ©veloppĂ©, il me semble, des activitĂ©s annexes et je pense plus particuliĂšrement Ă  l’édition, est-ce que c’est une activitĂ© qui te prend beaucoup de temps ?

Poncho : C’est vrai que l’Ă©dition prend une grosse partie de mon temps parce que j’adore crĂ©er des livres, de toutes sortes : ça peut ĂȘtre des contes, des romans, des BD
 Ces derniers temps je fais pas mal de petits carnets pour aider les gens de diffĂ©rentes maniĂšres. Par exemple, j’ai dĂ©veloppĂ© des carnets Ă  mots de passe pour rĂ©pertorier tous nos mots de passe internet (parce qu’il paraĂźt qu’il faut toujours en avoir des diffĂ©rents Ă  chaque fois). Et un autre truc aussi que je suis en train de beaucoup dĂ©velopper sont les cahiers pour les apprenants en japonais, voilĂ .

Sirgeese : oui effectivement, tu as d’ailleurs crĂ©Ă© un site internet entiĂšrement dĂ©diĂ© ?

Poncho : À la base je voulais prendre cette thĂ©matique de bujo parce qu’elle est assez large
 j’ai appelĂ© ça bujoli.fr : bullet journal et papeterie crĂ©ative ou rĂ©crĂ©ative, et du coup j’y intĂšgre plein de choses connexes. Il y aura des articles notamment sur les carnets que je suis en train de dĂ©velopper mais il y a aussi une partie sur le dessin et sur l’Ă©criture parce que se sont des choses qu’on peut faire dans un bullet journal aussi. Je me suis un peu pris le bujo comme une base de construction parce que c’est aussi ça le principe du bullet journal, c’est de pouvoir faire ton carnet comme tu veux.

Sirgeese : Qui correspondent Ă  tes besoins ?

Poncho : Oui voilĂ , qui correspond Ă  tes besoins. C’est
 je ne trouve pas le mot ( -> qui Ă©tait en fait : sur-mesure ).

Sirgeese : Donc tu crĂ©es des fanzines et livres et tu travailles rĂ©guliĂšrement en collaboration avec diffĂ©rents artistes. C’Ă©tait dĂ©jĂ  le cas avec les autres fanzines que tu as rĂ©alisĂ© ?

Poncho : Pour cette sĂ©rie lĂ , oui on a toujours Ă©tĂ© plusieurs Ă  le construire : la sĂ©rie des aventures de Poncho et ses amis -> Tout est dans le titre, c’est le concept. Je suis l’auteure principale, mais je suis toujours accompagnĂ©e de minimum une autre plume.

Sirgeese : Une ou plusieurs mĂȘme, parce que je vois sur le dernier que tu as quand mĂȘme pas mal d’amis qui sont prĂ©sents : Sylfaenn, si je n’égorge pas son pseudo, Radji, Ilhem, Malik pour les principaux, et aussi une collaboration avec Rabbit the King et Kiriel
 On est bien lĂ  ? Je crois que je les ai tous citĂ©s, pas de jalousie comme ça.

Sirgeese : Qu’est-ce qui t’a motivĂ© Ă  te lancer dans ces activitĂ©s Poncho ?

Poncho : de fanzinat ?

Sirgeese : oui fanzine, graphisme
 À la base, comment c’est parti le graphisme ? C’Ă©tait Ă©vident, dĂšs le plus jeune Ăąge ? ou Ă  partir de quel moment tu te dis “ah ouais ça j’adore, j’ai envie d’en faire mon activitĂ©â€ ?

Poncho : J’ai toujours aimĂ© dessiner donc je suis restĂ© dans ce domaine-lĂ , tant que faire se peut. Je peux te parler un petit peu de mes Ă©tudes si tu veux ?

Sirgeese : Je t’en prie vas-y, ça fait partie on va dire de tout ton bagage et ton Ă©volution en tant que graphiste illustratrice donc n’hĂ©site pas.

Poncho : Ok ! Je suis partie du coup en filiĂšre gĂ©nĂ©rale BAC mais avec option arts plastiques et mĂȘme, quand c’Ă©tait possible, arts plastiques cumulĂ©s, pour en avoir le plus possible.

Sirgeese : D’accord.

Poncho : Et aprĂšs mon BAC, je suis partie en BTS -> ça a un nom bizarre mais on va dire en “BTS graphisme” et ça c’Ă©tait plutĂŽt pour l’aspect technique, la maĂźtrise des logiciels de la suite Adobe (mĂȘme si rĂ©cemment je suis en train de switcher sur la suite Affinity mais ça c’est une autre histoire). C’Ă©tait pour connaĂźtre tout le processus de de post-production, une fois que tu as fait tes dessins : comment tu les mets en page, comment tu fais des logos
 tout ça quoi. Je suis partie lĂ -dedans aussi en me disant “au pire si je ne peux pas devenir auteure de BD, je pourrais toujours travailler en imprimerie” C’Ă©tait un peu l’idĂ©e
 Mais au final tu vois : je ne suis jamais allĂ©e bosser en imprimerie.

Sirgeese : AprĂšs tu as pas forcĂ©ment l’Ă©volution que tu espĂšres oĂč que tu envisages, puisque dans l’Ă©quation de la vie, il y a tout un tas de paramĂštres qui font que des fois tu prends une autre orientation, tu as des opportunitĂ©s qui s’offrent Ă  toi et du coup : des fois tu les prends, tu les prends pas et ça te mĂšne sur des voies des fois complĂštement Ă  1 million de km de ce que tu voulais faire, et parfois complĂštement dans la cohĂ©rence de ce que tu voulais ou que tu envisageais dĂšs le dĂ©part, mĂȘme si parfois c’est pas tout Ă  fait ce Ă  quoi tu t’attendais.

Poncho : C’est vrai qu’en plus, j’ai fait un stage, mĂȘme une alternance dans une agence de graphisme, et en fait ça ne m’a pas tellement plu. MĂȘme si les projets Ă©taient super intĂ©ressants et trĂšs formateurs, je me suis rendu compte que mon truc Ă  moi c’Ă©tait l’illustration plus que le graphisme et la publicitĂ©. Ça a Ă©tĂ© formateur aussi dans ce sens-lĂ  : quand mĂȘme, finalement, si tu peux faire de l’illustration / BD se serait pas plus mal.

Sirgeese : C’Ă©tait riche d’expĂ©rience en fait pour toi. Ça a Ă©tĂ© vraiment le concret, aller voir en entreprise, comment ils travaillent par exemple dans l’illustration, dans le maquettage, des choses comme ça… et te rendre compte vraiment que c’Ă©tait pas pour toi, lĂ , sur le coup.

Poncho : Ouais, c’Ă©tait pas pour moi, d’autant plus que, dĂšs que je proposais des illustrations, lĂ  souvent, on me refrĂ©ner en fait. On me proposait plutĂŽt d’intĂ©grer des images… je sais pas comment dire… enfin justement pas des illus quoi. Alors que ça aurait Ă©tĂ© vachement intĂ©ressant de pouvoir apporter un truc unique, mais en fait non fallait faire des trucs un peu plus standards et du coup bof quoi, ça m’a pas plu.

Sirgeese : T’avais pas l’impression qu’on t’Ă©coutait et qu’on prenait en compte ce que tu proposais en fait.

Poncho : Oui voilĂ , et j’étais la stagiaire, donc forcĂ©ment… Et je parlais du domaine de l’entreprise mais, pendant mes annĂ©es d’Ă©tudes, surtout la premiĂšre annĂ©e, c’Ă©tait le mĂȘme problĂšme. On me disait : tes rendus ils sont trop illustratifs ! Alors au bout d’un moment je l’ai pris comme un compliment. Au dĂ©but, je me disais « ben merde », puis aprĂšs je me suis dit « ah ben cool », c’est mon point fort de toute façon.

Sirgeese : Finalement dans le cĂŽtĂ© nĂ©gatif, t’y a puisĂ© une force en te disant « ouais on trouve que c’est vraiment trĂšs tournĂ© illustration donc dĂ©jĂ  c’est un point positif par rapport Ă  ce que je cherche au final ».

Poncho : Ben oui, je me suis remis un peu en question parce que c’Ă©tait pas du tout les attentes des profs, mais moi j’adorais ça. Donc au bout d’un moment on est bien obligĂ© de choisir. Mais de toute façon je me suis barrĂ©e la premiĂšre annĂ©e, je suis allĂ©e dans une autre Ă©cole aprĂšs. Et d’ailleurs dans la deuxiĂšme Ă©cole, ça c’est trĂšs bien passĂ©. Alors forcĂ©ment, j’avais toujours ce cĂŽtĂ© illustration, mais on me le reprochait un peu moins quand mĂȘme.

Sirgeese : On Ă©tait plus Ă  l’Ă©coute, plus attentif par rapport Ă  tes aspirations ?

Poncho : Oui, la deuxiĂšme annĂ©e je l’ai fait dans un en CFA : un centre de formation pour adulte au lieu d’un BTS en lycĂ©e (avec un cadre trĂšs scolaire). Au CFA t’avais l’impression de parler presque d’Ă©gal Ă  Ă©gal avec tes professeurs.

Sirgeese : Il y avait une barriĂšre en moins, il y avait une attitude psychologique beaucoup plus proche.

Poncho : Oui, c’Ă©tait trĂšs diffĂ©rent. Si jamais il y a des auditeurs qui veulent se lancer, vous saurez Ă  quoi vous attendre entre les CFA et les BTS ! (Peut-ĂȘtre pas tous, hein, mais…)

Sirgeese : Et du coup tu ne regrettes pas du tout d’ĂȘtre passĂ©e par cette case lĂ  en fait ?

Poncho : Ah non, franchement les deux Ă©taient trĂšs bien. Parce qu’avant de faire le BTS j’ai aussi fait une annĂ©e de Mise Ă  Niveau en Art AppliquĂ©s (une MĂ NAA), au sein du mĂȘme lycĂ©e et qui Ă©tait trĂšs bien. J’ai touchĂ© plein de domaines diffĂ©rents, c’Ă©tait vraiment cool. Mais voilĂ , le BTS c’Ă©tait un peu dĂ©primant donc je suis trĂšs contente d’avoir changĂ© pour le CFA, de m’ĂȘtre refait une santĂ© lĂ -bas -> mĂȘme si quand tu vas au CFA tu es obligĂ© d’avoir une alternance, et dans mon alternance en agence de graphisme ça s’est pas trĂšs bien passĂ©. Mais comme je te dis, ça m’a recentrĂ© sur « Non tu n’iras pas en agence, tu n’iras pas faire du graphisme ou de la pub ni machin. Essaie de faire ton truc en illustration, aller ! »

Sirgeese : Donc Ă  un moment donnĂ© tu as pris la dĂ©cision « on va pas en agence on va pas en entreprise » -> donc tu t’es dit ben pourquoi je me lancerais pas en solo ?

Poncho : VoilĂ , j’avais dĂ©jĂ  commencĂ© un petit peu pendant les Ă©tudes Ă  faire des expos : j’ai dĂ©marrĂ© en 2010. Et Ă  la fin des Ă©tudes j’ai fait une annĂ©e pseudo sabbatique. Normalement j’Ă©tais quand mĂȘme rattachĂ© Ă  une Ă©cole privĂ©e de dessin, sauf que, je te passe les dĂ©tails, mais tu n’as pas le mĂȘme statut avec cette Ă©cole-lĂ  qu’avec une Ă©cole publique… Finalement on va dire que c’Ă©tait une annĂ©e sabbatique oĂč je bossais mon illustration. Et en 2013, j’ai montĂ© ma boĂźte en auto-entreprise et depuis je n’ai jamais arrĂȘtĂ©. Donc avec ma mĂšre on rigole en disant que, au moins, j’ai jamais coulĂ© !

Sirgeese : C’est positif, c’est vrai. Donc avec le recul depuis 2013, depuis que tu es auto-entrepreneuse, et que tu vis on va dire de ton activitĂ© : aucun regret ? Tu es trĂšs contente, tu es trĂšs heureuse d’avoir pris cette dĂ©cision ?

Poncho : Au final oui, malgrĂ© le dĂ©but un peu difficile oĂč personne ne t’explique comment on fait. En gros, personne nous a expliquĂ© comment gĂ©rer une entreprise et comment s’inscrire et comment faire les dĂ©marches et tout ça… On a lu pas mal de choses et on a fait au mieux quoi… mais cette parenthĂšse mise Ă  part : je trouvais au dĂ©but que se mettre en auto-entreprise Ă©tait un peu la solution de facilitĂ©, dans le sens oĂč la sociĂ©tĂ© ne m’avait pas acceptĂ©e du coup je faisais mon truc dans mon coin.

Sirgeese : Oui je comprends.

Poncho : Je voyais ça un peu comme ça, mais Ă  bien y rĂ©flĂ©chir, souvent on me disait l’inverse. On me disait « Ouais, tu as eu du courage de te lancer toute seule et tout… » donc j’ai fini par y croire ! Je plaisante, mais je pense que vraiment ça m’a apportĂ© que du bien parce que finalement j’ai Ă©tĂ© obligĂ© de toucher Ă  plein de choses, de me former moi-mĂȘme dans plein de domaines, et du coup ça m’a laissĂ© aussi une grande libertĂ© d’aborder plein de choses, l’univers…

Sirgeese : Des choses que tu n’aurais pas faites en entreprise puisque tu aurais Ă©tĂ© trĂšs cadrĂ©e et malheureusement tu n’aurais pas pu laisser libre court Ă  ton expression, tes envies d’illustration, et lĂ  tu as vraiment cette joie -si je peux me permettre de dire ça comme ça- de voir les choses comme tu l’entends et de les dĂ©velopper, de crĂ©er comme tu le souhaites… Je pense que tu y as beaucoup gagnĂ©, et je pense que tous les auto-entrepreneurs qui prennent cette voie-lĂ , Ă  un moment donnĂ©, reconnaissent (pour les personnes que j’ai pu en entendre parler) que cette libertĂ©-lĂ  n’a pas de prix. MĂȘme si souvent, pour certains les fins de mois sont un peu compliquĂ©s ou difficiles, beaucoup ne reviendraient jamais en tant que salariĂ© parce qu’ils y perdent beaucoup en terme de libertĂ©.

Poncho : Tu as bien résumé.

Sirgeese : VoilĂ , j’ai essayĂ©.

Sirgeese : Tu as parlĂ© d’Affinity, c’est un outil aussi que j’ai commencĂ© Ă  prendre en main et que j’ai dĂ©couvert il n’y a pas longtemps. Je le trouve vraiment trĂšs intĂ©ressant, trĂšs pro. Qu’est-ce qui t’a plu chez Affinity pour que tu passes sur ces logiciels ?

Poncho : Pour la petite explication : je bosse sur la suite Adobe depuis la fin de mes Ă©tudes et elle m’a toujours trĂšs bien convenue. J’avais la chance d’avoir une suite… alors (ce n’est pas une blague) c’Ă©tait l’oncle d’AmĂ©rique de Sylfaenn qui nous avait donnĂ© une suite qu’on pouvait utiliser jusqu’Ă  maintenant, c’Ă©tait une suite CS4. Sauf que, avec les mises Ă  jour, au bout d’un moment, les logiciels commencent Ă  buguer et je ne peux plus les utiliser. Donc cette suite gĂ©niale qu’on avait… eh bien maintenant il faut que je passe Ă  la formule payante Creative euh… c’est Commons ou Cloud… je sais plus ?

Sirgeese : Creative Cloud il me semble, si je ne dit pas de bĂȘtises.

Poncho : La CC quoi ! Mais en gros c’est 60 balles par mois et y’a quelqu’un que je suis sur YouTube, qui a parlĂ© de la suite Affinity… qui a dit « Ah regardez, franchement c’est bien » -> du coup je suis allĂ© voir… En gros on va dire que c’est les grands concurrents de Adobe, mais c’est 60 balles une seule fois par logiciel, (pas tous les mois). Donc franchement lĂ  y’a pas photo, je vais faire en sorte de me former sur Affinity, d’ailleurs j’ai dĂ©jĂ  commencĂ©. J’ai dĂ©jĂ  deux logiciels que je suis en train de prendre en main et je compte en 2022 complĂštement switcher lĂ -dessus. Le plus dur qui sera Ă  faire c’est InDesign parce que… encore, il y a une compatibilitĂ© de Photoshop : tu peux ouvrir tes formats sur Affinity Photo mais alors InDesign par contre ça va ĂȘtre un petit peu plus long.

Sirgeese : Pour avoir commencĂ© Ă  utiliser les trois logiciels, (puisque j’ai achetĂ© les trois et en plus j’ai eu la chance de tomber sur une grosse promotion, 50 % il y a quelques mois, qui m’a permis d’avoir les trois pour vraiment une bouchĂ©e de pain et c’est gĂ©nial), c’est vrai que la compatibilitĂ© est plutĂŽt trĂšs bonne. Je n’ai pas eu de problĂšme du tout, j’ai retrouvĂ© mes calques, j’ai retrouvĂ© pas mal de choses.

Poncho : Il y a beaucoup de choses en plus qui sont trĂšs similaires donc c’est facile de s’y repĂ©rer.

Sirgeese : Ouais c’est vrai. Pour la partie formation je trouve que leur formation en ligne est plutĂŽt bien faite et qu’ils expliquent plutĂŽt bien.

Poncho : Et d’ailleurs c’est ce que je voulais rajouter. Je suis allĂ©e, juste pour comparer, parce que je suis allĂ©e voir le site Affinity mais je me suis dit wow ! mais c’est le futur. Le site il est trop bien fait et il y a des tutos ! Pour rire, je suis retournĂ©e voir sur Adobe, pour voir si les forfaits Ă©taient toujours les mĂȘmes, et lĂ  je me suis dit c’est tellement obsolĂšte le graphisme et tout, rien que de regarder la page ça pique les yeux. Il y a ça aussi : l’interface Affinity a Ă©tĂ© vraiment pensĂ©e pour des gens de maintenant, alors que Adobe ça commence Ă  ĂȘtre pour les boomer (je suis dedans hein…).

Sirgeese : Et encore, Adobe des fois quand on voit les productions d’artistes qui sont superbes voir mĂȘme incroyables, on se dit ouais quand mĂȘme Adobe ! Mais en fait ils ont tellement peu peur de la concurrence qu’ils ne font pas d’effort. On se rend compte qu’ils ne vont pas plus loin que ça et la concurrence derriĂšre, elle arrive tout doucement ! Et on voit que les logiciels, les outils Affinity qui sont en train de sortir. Je crois qu’il y a la version Publisher, Photo et je n’ai plus le nom de la derniĂšre…

Poncho : Designer

Sirgeese : Designer voilĂ , qui sont vraiment trĂšs trĂšs bien. Donc voilĂ  : un passage vers les outils Affinity, parce qu’il le vaut bien.

Poncho : Mais c’est ça ! AprĂšs voilĂ , franchement, les outils Adobe sont trĂšs trĂšs bien et je vous les recommande si vous pouvez vous les payer, il n’y a aucun souci ! C’est juste que voilĂ , si on n’a pas la chance d’avoir un oncle d’AmĂ©rique ça revient vite trĂšs cher, alors que Affinity ça a l’air d’ĂȘtre vraiment super. Peut-ĂȘtre que si on se revoit dans un an Sirgeese, je t’en reparlerai.

Sirgeese : Avec plaisir ! Mais c’est lĂ  qu’on se rend compte aussi que pour un graphiste, on fait quand mĂȘme attention : les dĂ©penses sont rĂ©duites au minimum pour faire attention tout simplement.

Poncho : Pour la petite anecdote : je n’ai pas mis mon ordinateur Ă  jour, exprĂšs pour garder l’ancienne suite. Ça fait des annĂ©es qu’il n’est pas Ă  jour mon ordi, juste pour pouvoir continuer Ă  utiliser les logiciels de la suite Adobe gratuitement -> avec une vraie licence et tout quoi.

Sirgeese : Ce qui montre quand mĂȘme que, vous ĂȘtes sur un mĂ©tier, je vais pas dire (j’aime pas ce terme-lĂ )… pas prĂ©caire mais oĂč chaque euro est comptĂ© quoi. Chaque dĂ©pense est comptĂ©e et vous faites particuliĂšrement attention. Au point de ne pas mettre ton ordinateur Ă  jour pour prĂ©server l’Ă©conomie dans laquelle tu es et ne pas faire de folie qui pourrait te mettre dans le rouge.

Poncho : Ben ouais, malheureusement pas. Mais du coup, je compte bien mettre Ă  jour mon ordi en 2022 grĂące Ă  Affinity, merci !

Sirgeese : Poncho, j’ai envie d’en savoir un peu plus sur ton totem, ton compagnon artistique qui te sert au niveau du branding d’Alpacollection. Alors il est prĂ©sent partout, on le voit un peu partout sur les images, on le voit mĂȘme dans les mots, c’est un vrai ambassadeur : Poncho qui est ce sympathique alpaga et pourquoi lui ?

Poncho : En fait, mon animal totem, si on peut appeler ça comme ça, c’est plutĂŽt le lama. Dans la sĂ©rie « Les Aventures de Ponchou et ses amis » : Poncho, personnage Ă©ponyme de la sĂ©rie a toujours eu un sympathique lama de compagnie qui s’appelle Carpacho. Et c’est devenu aprĂšs ma mascotte tout simplement. Et pourquoi j’ai choisi d’appeler ma boutique Alpacollection au lieu de Lamacollection : c’est parce qu’en fait avec le mot alpaga, qui est un cousin du lama, tu peux faire beaucoup plus de jeux de mots dĂ©biles, voilĂ  ! Mais j’aime les lamas et les alpagas de toutes façons. D’ailleurs Poncho a aussi un alpaga qui s’appelle Plumo ! Du coup y’a les deux.

Sirgeese : Donc Carpacho et Plumo, on va retenir. Donc c’est pas l’alpaga, Ă  la base c’est le lama, mais l’alpaga ça le fait aussi.

Poncho : J’ai fait un mix des deux. Évidemment, il faut ĂȘtre fin connaisseur pour savoir que sur le logo Alpacollection en fait c’est un lama. Je vous trolle un petit peu…

Sirgeese : J’ai toujours eu l’impression que c’Ă©tait un alpaga mais aprĂšs ma connaissance des animaux n’est peut-ĂȘtre pas assez dĂ©veloppĂ©e pour faire la distinction entre les deux.

Poncho : Non mais ça ressemble. Il faut vraiment bien connaßtre les différences entre les deux.

Sirgeese : Je crois que je vais ouvrir les encyclopédies et regarder les images pour ma culture personnelle, va falloir faire quelque chose. 

Sirgeese : Poncho, quelles sont tes sources d’inspiration ? Qu’est-ce qui te permet de crĂ©er un imaginaire qui va aller susciter toutes tes crĂ©ations, toutes tes Ɠuvres ?

Poncho : Alors en fait moi je suis une Ă©ponge… voilĂ . Donc ça veut dire que s’il y a quelque chose qui me plaĂźt, (ça peut ĂȘtre n’importe quoi), je vais potentiellement m’en inspirer. AprĂšs il y a des choses qui ont beaucoup influencĂ© mon style et mon univers je pense aussi. On ne va pas se le cacher, j’ai quand mĂȘme un style vachement manga, parce que j’en ai lu 3 tonnes 5.

Sirgeese : Comme beaucoup

Poncho : Mais j’aime aussi faire des trucs un petit peu plus « painting » si on peut dire comme ça. Kiriel, quand on fait des lives Twitch dessin, il me dit tout le temps “ah j’ai l’impression que tu fais des peintures”. Ça ça vient peut-ĂȘtre de mon influence de Benjamin et de Ji Di que j’ai idolĂątrĂ©s aussi. Je suis trĂšs curieuse, je m’intĂ©resse Ă  beaucoup de choses donc…. Il y a quand mĂȘme un truc rĂ©current que j’ai, c’est les animaux voilĂ  : j’adore dessiner des animaux. 

Sirgeese : Depuis toute jeune tu adores dessiner des animaux ?

Poncho : Alors, j’en ai tout le temps dessinĂ©, mais disons qu’au dĂ©but, je dessinais uniquement des vaches dans les cahiers de mes camarades de classe, et de temps en temps des chats. Mais maintenant, je m’Ă©clate beaucoup plus Ă  en faire, plein, des diffĂ©rents. Je pense que j’ai Ă©voluĂ© un peu. Les animaux c’est pas forcĂ©ment le plus simple Ă  dessiner… Par contre j’ai dessinĂ© pas mal de PokĂ©mons aussi : mon rĂȘve quand j’Ă©tais plus jeune c’Ă©tait « PokĂ©mon, dessinez-les tous ! ». Ce sont des sortes de petits animaux rigolos aussi finalement.

Sirgeese : Tu les attrapes en les dessinant toi.

Poncho : Ouais c’est ça ! Bah Ă  l’Ă©poque il n’y en avait que 150.

Sirgeese : Il y en a beaucoup plus quand mĂȘme aujourd’hui.

Poncho : LĂ  je t’ai parlĂ© de l’inspiration que j’avais pour faire des dessins au sens large, mais pour faire des BD, effectivement, dans toutes les Aventures de Poncho il y a souvent des trucs qui me sont arrivĂ©s… donc voilĂ , c’est trĂšs vaste comme question.

Sirgeese : Mais c’est dĂ©jĂ  bien, tu as rĂ©pondu en partie, c’est pas mal.

Sirgeese : Pour en rester dans le cƓur de ton mĂ©tier, tu proposes maintenant des produits textiles, par exemple pour les furokishi, si je dis pas de bĂȘtises, entre autres.

Poncho : Les furoshiki

Sirgeese : Les furoshiki voilĂ , c’est pas bien.

Poncho : Ah si tu arrives pas Ă  te rappeler de l’ordre tu penses en français “ fourreau chic” c’est le moyen mnĂ©motechnique de ma mĂšre.

Sirgeese : Ah ben c’est parfait, je vais le retenir. Vous avez tous retenu : les furo-shik(i). Donc du coup, comment tu as connu les furoshiki et qu’est-ce qui t’a amenĂ© Ă  en proposer sur tes boutiques ?

Poncho : Bon alors, l’histoire de mes furoshiki… eh bien je pense qu’elle dĂ©coule d’une sĂ©rie de dĂ©rives dans l’univers zĂ©ro dĂ©chet et peut-ĂȘtre dans l’univers japonais aussi.

Sirgeese : Dont on parlera aprĂšs, niveau Ă©cologie oui.

Poncho : Parce qu’en fait au dĂ©but sur ma boutique, depuis Ă  peu prĂšs 2019, je proposais des bees wraps : des wraps Ă  la cire d’abeille, pour conserver les aliments, Juste pour ceux qui ne savent pas : ce sont des tissus imbibĂ©s de cire d’abeille, qu’on peut enrouler autour des aliments ou bien poser au-dessus des bols ou des saladiers, ça peut remplacer les charlottes alimentaires, des choses comme ça… J’ai commencĂ© Ă  faire ça avec pas mal de tissus rĂ©cupĂ©rĂ©s et aprĂšs je me suis dit « Pour dĂ©velopper le cĂŽtĂ© zĂ©ro dĂ©chet qu’est-ce que je peux faire ? » -> Donc j’ai fait des sacs Ă  pain, j’ai fait des petits pochons Ă  vrac, des choses comme ça… et j’en suis venu Ă  faire des furoshiki. Franchement je ne sais plus comment j’ai eu l’idĂ©e et d’oĂč je connaissais ça, enfin bon. Je me suis dit comme je commence Ă  avoir aussi un cĂŽtĂ© trĂšs japonisant dans ma boutique, ça irait super bien avec. Donc j’ai commencĂ© Ă  prendre des tissus japonais avec des jolies broderies (c’est du fil dorĂ© dedans) pour faire des furoshiki. Mais il n’y a pas que ça : je continue aussi Ă  faire des emballages cadeaux avec des tissus rĂ©cup’ parce que ça c’Ă©tait aussi mon premier engagement Ă©cologique. Je continue Ă  le faire, il n’y a pas de souci, mais j’ai ajoutĂ© ce petit truc 😉

Sirgeese : C’Ă©tait important pour toi au niveau Ă©cologie mais, on reviendra sur la thĂ©matique de l’Ă©cologie un petit peu plus tard.

Sirgeese : J’ai envie de parler d’un autre thĂšme : le thĂšme des conventions. Alors on te retrouve rĂ©guliĂšrement en convention pour prĂ©senter le fruit de ton travail et de tes activitĂ©s : j’aimerais savoir quand tu as commencĂ© Ă  exposer en convention ? Qu’est-ce qui t’a donnĂ© l’idĂ©e d’exposer en convention ?

Poncho : On va dire que c’est grĂące Ă  mon ami Florian (si tu nous Ă©coutes), qui m’avait invitĂ© Ă  Japan Expo, parce qu’il avait des parents dans la rĂ©gion parisienne qui pouvaient nous hĂ©berger, du coup j’ai fait ma premiĂšre Japan Expo avec lui. J’ai trouvĂ© ça magnifique, fabuleux, et j’avais des paillettes plein les yeux. J’ai vu qu’il y avait des stands artistes dĂ©jĂ  Ă  l’Ă©poque. Je crois de mĂ©moire qu’il devait mĂȘme y avoir dĂ©jĂ  Rann… je crois que je me souviens de son stand. Et je suis revenue, je me suis dit « mais j’ai trop envie de faire la mĂȘme chose en fait ! » -> d’avoir un stand avec mes dessins et puis de les proposer, de rencontrer des gens : ça a l’air trop cool quoi ! C’est ça qui m’a donnĂ© l’idĂ©e. Du coup ben l’annĂ©e d’aprĂšs j’ai fait en sorte d’avoir un stand Ă  Japan Expo, donc j’ai commencĂ© grand !

Sirgeese : Tu as pas fait semblant parce que Japan Expo, c’est quand mĂȘme l’Ă©vĂ©nement majeur en France concernant les conventions du type Japan, Geek, Cosplay et autres, (mĂȘme si ça a encore Ă©voluĂ©, et ça a pris de l’ampleur au fil des annĂ©es), donc oui effectivement tu as tapĂ© trĂšs fort. Tu n’as pas eu peur de te lancer dans une grosse convention comme la Japan Expo ?

Poncho : Oui et non en fait. J’avais Ă©normĂ©ment d’excitation avant l’Ă©vĂ©nement, mais, je sais pas, je le sentais bien. Je me suis dit « ah ça va bien se passer ». Franchement quand on est plus jeune, je crois qu’on a moins d’Ă  priori sur les problĂšmes qui peut y avoir tu sais. Tu disais oui, c’est la plus grosse expo, mais Ă  l’Ă©poque il n’y en avait pas des masses en fait. C’Ă©tait quasiment la seule expo aussi. Du coup j’ai pas forcĂ©ment eu d’autres opportunitĂ©s d’expo. Pour moi c’Ă©tait le seul endroit oĂč je pouvais montrer des dessins de type manga et pis que ça allait intĂ©resser des gens quoi.

Sirgeese : Oui j’imagine, et c’est vrai que Japan Expo a fait beaucoup de petits comme on dit. Ça a suscitĂ© beaucoup d’idĂ©es et on a vu popĂ© un peu partout en France de nombreuses conventions avec des thĂšmes trĂšs similaires et qui maintenant marchent trĂšs bien, parce que ça fait vraiment appel Ă  un public jeune, qui est trĂšs friand du type de contenu que propose la Japan Expo, que ce soit le gaming, le cĂŽtĂ© geek, artistique, illustration, cosplay et le cĂŽtĂ© tech aussi et plein d’autres choses, pop culture et autre.

Poncho : C’est multi-gĂ©nĂ©rationnel maintenant.

Sirgeese : VoilĂ , tout Ă  fait fait. On voit dans les visiteurs beaucoup de tranches d’Ăąges quand mĂȘme assez diffĂ©rentes. Plus particuliĂšrement des jeunes, puisqu’on voit que, de plus en plus, le cĂŽtĂ© cosplay est trĂšs prĂ©sent sur les conventions. C’est une vĂ©ritable bouffĂ©e d’air frais, surtout pour les jeunes aujourd’hui, avec les conditions sanitaires qu’on a connues depuis 2 ans avec le covid, dĂšs qu’il y a possibilitĂ© de retourner sur les conventions ça cartonne complĂštement !
Alors, concernant toujours les conventions, qu’est-ce qui te motive le plus pour ĂȘtre prĂ©sente sur les conventions ?

Poncho : Alors, en 1) Pour retrouver les potes, en 2) Pour prĂ©senter les nouveautĂ©s, en 3) Pour voir des choses uniques. Par exemple, aller voir les stands des autres artistes et exposants (et souvent tu as des pĂ©pites dessus que tu ne verrais nulle part ailleurs) ou bien croiser des cosplayeurs dans les allĂ©es, ou bien croiser un artiste ou un acteur cĂ©lĂšbre qui est en train de faire une pause clope… Enfin bon, il y a plein plein de petits trucs comme ça, rigolos, dans les convs, voilĂ .

Sirgeese : Tu vas Ă  la rencontre assez rĂ©guliĂšrement je suppose, d’autres artistes comme toi. Les Ă©changes sont cordiaux dans l’ensemble ?

Poncho : J’aime beaucoup allez rencontrer les autres artistes mais c’est aussi une des raisons pour lesquelles je suis connue pour ne pas ĂȘtre Ă  mon stand.

Sirgeese : Chers amis, si vous venez sur le stand de Poncho, il sera vide, VoilĂ , nan c’est pas terrible… Nan tu seras prĂ©sente mais c’est vrai que tu aimes aller voir les autres artistes et puis aller dĂ©couvrir ce qu’ils font.

Poncho : Beh oui, j’adore ! J’ai quand mĂȘme de la chance maintenant, c’est que comme j’en connais beaucoup… Enfin c’est Ă  double sens parce que : soit je passe 3 heures (Ă  leur stand) parce qu’on discute beaucoup, soit je connais le travail, du coup je suis pas obligĂ©e de me prĂ©senter et puis de poser plein de questions. Si je fais un petit tour discrĂ©tos dans la salle, maintenant je peux aller un peu plus vite parce qu’il y a dĂ©jĂ  beaucoup de gens dont je connais le travail, c’est cool. Enfin, je dis ça quand je suis toute seule… quand je suis avec quelqu’un de temps en temps je tente un “eh je pourrais aller…. [insĂ©rer ici stand de votre choix]”.

Sirgeese : Toujours dans les conventions, et ce sera la derniĂšre question, on passera sur la thĂ©matique Ă©cologie aprĂšs : On entend souvent des critiques concernant le cĂŽtĂ© merchandising des conventions, souvent pour tout ce qui est goodies, les choses comme ça. J’entends beaucoup de critiques autour de moi « oui en convention on voit que du goodies et tout », qu’est-ce que tu en penses toi ?

Poncho : J’en pense que faut aller dans les bonnes allĂ©es en fait.

Sirgeese : Et les bonnes allées sont ?

Poncho : Celle des artistes !

Sirgeese : Of course !

Poncho : Je sais pas, ça a toujours fait partie des conventions, et puis c’est vrai qu’on peut avoir cette impression lĂ , parce qu’il y a souvent des grosses stands, avec des trucs qu’on peut voir, on va dire dans des boutiques classiques de jeux vidĂ©os, des librairies, des choses comme ça. Mais en mĂȘme temps, Il faut qu’il y en ait aussi, parce que s’il y en aurait pas, peut-ĂȘtre qu’il y aurait des gens, qui n’y retrouveraient pas leur compte aussi. Il y en a qui profitent des expos pour aller faire leurs courses mangas, ça existe. Mais aprĂšs vraiment, je pense que si tu as pas envie de ça, il y a suffisamment d’autres choses Ă  cĂŽtĂ© : il y a des activitĂ©s, il y a des jeux, y’a des concerts… aprĂšs ça dĂ©pend des salons.

Sirgeese : Tu as fait le pari d’intĂ©grer l’Ă©cologie dans une partie de tes activitĂ©s Poncho -> Je pense plus particuliĂšrement au challenge Ă©colo ou Ă  tes articles comme les furoshiki dont on a parlĂ© tout Ă  l’heure. Quand as-tu dĂ©cidĂ© de t’impliquer dans cette dĂ©marche Ă©cologique, dans tes activitĂ©s ?

Poncho : J’ai toujours Ă©tĂ© Ă©colo dans l’Ăąme, mais j’ai intĂ©grĂ© vraiment des articles Ă©colos sur ma boutique qu’en 2019. J’ai commencĂ© avec des wraps Ă  la cire d’abeille, des sacs Ă  pain et des pochons Ă  vrac, des trucs assez simples. Et dans le mĂȘme temps, Ă  peu prĂšs, il y a les furoshiki qui sont apparus et les stickers « stop pub ». Et une fois que j’ai commencĂ© Ă  faire le stickers Stop Pub, je ne me suis plus arrĂȘtĂ©e.

Sirgeese : On voit avec les différentes campagnes que tu as lancées, que tu as trouvé un véritable engouement et une motivation à continuer sur cette démarche là.

Poncho : J’Ă©tais arrivĂ©e Ă  un stade oĂč j’avais besoin de faire quelque chose pour la planĂšte. Je faisais dĂ©jĂ  des efforts en interne, dans mon entreprise, mais ça, ça ne se voit pas et ça ne pouvait pas non plus aider beaucoup de monde. Du coup c’est pour ça que j’ai rĂ©flĂ©chi Ă  des articles que les gens pourraient utiliser, pour Ă©viter justement de recevoir des pubs. Je suis me suis dit « les stop pub tout le monde peut en faire, mais combien de personnes ne font  pas forcĂ©ment la dĂ©marche » -> parce que c’est beaucoup plus facile d’en trouver un sur le comptoir de ton boulanger prĂ©fĂ©rĂ© et de se dire « Ahh gĂ©nial ! Je vais le coller sur ma boite !” que d’aller Ă  la mairie demander un stop pub, ou bien d’en commander un, ou bien de le faire soi-mĂȘme… Il y a plus de contraintes. Alors que si tu le trouves tout fait, tout beau, lĂ , t’as juste besoin de le prendre et le coller. À partir de ce constat-lĂ  je me suis dit -> je vais faire le dĂ©fi stop pub : Ă©quiper 2019 (Ă  l’Ă©poque) boĂźtes aux lettres, avec un autocollant « stop pub ». Et ce dĂ©fi-lĂ , je l’ai reconduis en 2020 et en 2021, pour Ă  chaque fois Ă©quiper 2020 et 2021 nouvelles boĂźtes aux lettres avec des autocollants. Sachant qu’en gros, ce que je gagne avec la vente de quelques autocollants, ça me permet de financer le reste, que je distribue soit aux mairies, Ă  des commerçants partenaires ou des Ă©coles, etc. Pour l’instant on est arrivĂ©s, tous les ans, Ă  faire notre dĂ©fi.

Sirgeese : Tu prévois un nouveau défi pour 2022 ?

Poncho : C’est vrai que lĂ  ça fait 2 ans que j’ai fait intervenir des artistes pour faire des designs spĂ©ciaux, pour faire des stickers stop pub originaux justement. Mais en fait, dĂ©jĂ  cette annĂ©e, j’ai eu beaucoup de problĂšmes pour maintenir la campagne… Je ne sais pas encore s’il y aura une campagne 2022, par contre je continue le dĂ©fi peu importe s’il y a une campagne ou pas. Ça je continue le comptage et les ventes de stickers servent Ă  financer quelques paquets supplĂ©mentaires, etc.

Sirgeese : Les stickers on peut les retrouver dans tes boutiques ?

Poncho : Oui, sur ma boutique Etsy Alpacollection.

Sirgeese : D’accord. Si vous avez envie de mettre un beau sticker « stop pub » made in Poncho, vous savez oĂč les trouver. Je vous invite Ă  aller regarder les liens qui sont en dessous (logiquement) vous devriez trouver votre bonheur pour aller directement sur les boutiques.
Est-ce que Ă  un moment donnĂ© tu envisages peut-ĂȘtre de passer sur des produits (si tu en as la possibilitĂ©, parce que ça a un certain coĂ»t aussi) plus Ă©cologiques, avec du papier recyclĂ©, avec des encres vĂ©gĂ©tales, des choses comme ça ?

Poncho : Alors oui, en fait j’ai dĂ©jĂ  commencĂ©. Comme je te disais, y’a des trucs en interne qu’on ne voit pas forcĂ©ment, mais j’ai une bonne partie des enveloppes, par exemple, quand j’expĂ©die des articles, qui sont dĂ©jĂ  en papier recyclĂ©. Je n’ai plus aucune enveloppe bulle, ou alors si j’envoie des enveloppes bulles, c’est que des rĂ©cup. Je suis passĂ©e entiĂšrement au carton, papier, et papier cartonnĂ©. Quoi d’autre… quand je fais appel aussi Ă  des fournisseurs, j’essaie toujours de vĂ©rifier leur processus. Par exemple, mon imprimeur de cartes postales format A6, A5, et par lequel je fais la majoritĂ© de mes impressions -> il a un processus vraiment super sympa avec normalement du bois certifiĂ© et des encres respectueuses de l’environnement, ça c’est cool ! AprĂšs, globalement dans mes autres imprimeurs, normalement tu as aussi la certification niveau du papier ou du bois ou des choses comme ça. Mais aprĂšs, il y en a un, pour l’instant, oĂč je n’ai pas rĂ©ussi Ă  savoir la provenance du papier. Mais sinon, moi je fais quand mĂȘme attention Ă  ça effectivement.

Sirgeese : Ah c’est une bonne dĂ©marche. DĂ©jĂ  c’est une belle approche, tu as commencĂ© Ă  mettre en place des choses, et en terme de rĂ©activitĂ© par rapport Ă  ce qui fait sens vis-Ă -vis de ton approche Ă©cologique, donc c’est dĂ©jĂ  une excellente chose.

Poncho : Si vous trouvez des petits plastiques aussi dans les envois, ça pareil, c’est que des rĂ©cup.

Sirgeese : Donc le recyclage, ça te connais aussi, d’accord. C’est quelque chose dont tu parles avec tes confrĂšres, les autres artistes, ce cĂŽtĂ© vraiment Ă©cologique ? Essayer d’inciter les autres Ă  passer Ă  l’acte ?

Poncho : On en parle oui, mais gĂ©nĂ©ralement je vais pas venir en mode « justice warrior » en disant « il faut absolument que tu passes Ă  ça, ça et ça », parce qu’en fait, la plupart des gens sont sensibles au sujet Ă©cologique, tu peux leur proposer mais il faut jamais les forcer parce que finalement c’est contre-productif. C’est comme le Stop Pub, il ne faut jamais imposer un stop pub, il faut le proposer. C’est pour ça que je dis aux gens, si vous achetez plusieurs Stop Pub, Ă  limite laissez-les sur un comptoir, ou dans votre poste de travail, ou quelque chose comme ça en mode « servez-vous ». Vous allez voir ça va partir super vite, mais au moins ça partira chez des gens qui ont envie de l’utiliser. Pour les principes Ă©cologiques, c’est pareil : les gens faut qu’ils soient prĂȘts Ă  le faire en fait.

Sirgeese : Oui tout Ă  fait, faut qu’ils aient dĂ©jĂ  l’envie de passer ce cap-lĂ , et la volontĂ© de transformer l’essai.

Poncho : Mais aprĂšs, si vous montrez l’exemple, ça va donner envie aux gens de s’y mettre aussi, voilĂ .

Sirgeese : Merci Poncho. Alors on te retrouve sur Twitch le mardi de 17h Ă  19h pour l’atelier dessin, en quoi consiste ton atelier dessin Poncho ?

Poncho : ToutafĂ©. Alors, cet atelier, ça fait Ă  peu prĂšs un an qu’il existe, on a appelĂ© ça le TUESTUDY comme Tuesday + Study. Ouais, pourquoi en anglais ? On ne sait pas, mais ça faisait classe. On est souvent -> je dis « on » parce qu’on est au moins 3 voire 4 voire plus -> on a un petit noyau de fidĂšles Gaulois qui fait ça toutes les semaines. Et c’est un atelier oĂč tout le monde peut venir participer. On a souvent un thĂšme qui est donnĂ© (souvent par moi, Ă©videmment) : je ne sais pas pourquoi mais on m’a collĂ© l’Ă©tiquette de professeur de dessin. Je ne sais pas comment dire autrement, mais en gros, souvent je vais venir avec une proposition : soit un thĂšme, des photos, ou alors je vais dire -> on va sur tel site, on met un truc alĂ©atoire et on dessine ce qui va arriver, il y a plusieurs possibilitĂ©s. Mais l’idĂ©e c’est de dessiner, 2 heures ensemble, soit des sujets d’Ă©tudes photographiques diverses, soit sur un thĂšme d’invention. C’est souvent les deux des choses qu’on fait. Il y a pas mal de dĂ©fis crĂ©atifs, qu’on a fait en live, qui sont sur mon blog Bujoli.fr, que vous pouvez retrouver, refaire chez vous et vous pouvez m’envoyer les dessins en question, voilĂ . 

Sirgeese : Poncho quels sont tes actualités et tes événements pour 2022 ? Est-ce que tu as planifié tout un tas de choses ? Est-ce que tu peux nous dire un petit peu ce que tu as projeté ? 

Poncho : Alors, Yes ! Je vais surtout te partager l’actualitĂ© trĂšs rĂ©cente :
– Il y a dĂ©jĂ  un rĂ©pertoire Ă  mot de passe (un nouveau) avec une petite grenouille.
– Et un carnet « Challenge Dessin », parce que oui : non seulement on fait des dĂ©fis crĂ©atifs en live sur Twitch et sur mon blog, mais en plus je fais des carnets dessin -> et celui-ci en fait, c’est un petit carnet d’entraĂźnement oĂč il y aura 40 dĂ©fis Ă  relever dedans, sur le thĂšme « Magical Girl ».
– Et en complĂ©ment, donc plutĂŽt dans l’univers de l’apprentissage du japonais : je vais lancer des planches stickers avec des kanji (donc les idĂ©ogrammes japonais), tu connais un peu Sirgeese ?

Sirgeese : Un petit peu.

Poncho : Tu vois ce que c’est des kanji ?

Sirgeese : Oui, je vois Ă  peu prĂšs ce que c’est oui.

Poncho : Je vais lancer ça bientĂŽt. Au dĂ©but je voulais faire des dessins Ă  chaque fois, mais lĂ  je vais dĂ©jĂ  faire une premiĂšre version oĂč tu auras juste les kanji que tu peux mettre dans ton carnet d’apprentissage, par niveau.
– Et la deuxiĂšme chose ça sera quelque chose (pareil que ça fait un moment que j’ai sous le coude mais qui n’est toujours pas imprimĂ©) -> des petites affichettes avec d’un cĂŽtĂ© une petite illustration et de l’autre cĂŽtĂ© ce sera une planche kana. Donc il y aura les hiragana et katakana, il y aura deux planches. Comme ça on peut les transporter partout dans notre carnet de japonais pour se rappeler des kana tout simplement.

Sirgeese : Impeccable ! Poncho, on te retrouves sur les différents réseaux sociaux, as-tu une préférence ?

Poncho : Ouais Instagram. Je suis en train de tester aussi, j’ai fait un… comment on appelle ça, un channel Telegram…

Sirgeese : Ouais c’est un channel Telegram.

Poncho : Je suis en train de tester ça, parce que comme ça, ça me permet de mettre des petites infos de mes productions, de mes sorties, sur un truc dĂ©diĂ©. Il y a tout en mode « petite chaĂźne d’information ». VoilĂ  pour l’instant, vous ĂȘtes cinq dessus donc euh… non sinon Insta c’est trĂšs trĂšs bien.

Sirgeese : Merci Poncho d’avoir rĂ©pondu Ă  toutes ces questions et nous avoir Ă©clairĂ© sur tes activitĂ©s artistiques. J’Ă©tais sincĂšrement impatient et ravi de pouvoir rĂ©aliser cette premiĂšre interview avec toi, je vais juste te proposer de nous dire un petit mot pour la fin, et peut-ĂȘtre en japonais ?

Poncho : C’est un plaisir partagĂ©, j’Ă©tais aussi impatiente de faire cette interview avec toi, et en plus c’est la premiĂšre donc, trop trop bien !

Sirgeese : Un sentiment qui est partagé merci beaucoup ! 

Poncho : Pour le mot de la fin 皆さん、こぼポッドキャă‚čăƒˆă‚’èžă„ăŠăă‚ŒăŠă‚ă‚ŠăŒăšă†ă”ă–ă„ăŸă™ă€‚(Merci Ă  tous d’avoir Ă©coutĂ© ce podcast)

Sirgeese : Merci Poncho. À bientĂŽt pour un nouvel Ă©pisode d’Artypiques.

Compléments

Artypiques le website !
Le Défi Stop Pub (campagne 2021)
Carnet à mot de passe grenouille et le carnet Challenge Dessin spécial Magical Girls (parmi les cahiers disponibles sur Amazon KDP)
Les Aventures de Poncho et ses amis (recueils de BD, illustrations et petites histoires)
La suite Affinity (logiciels de création numériques abordables)
Ma boutique Etsy Alpacollection
Japan Expo et L’Agenda Geek pour connaĂźtre les Ă©vĂ©nements prĂšs de chez vous.
Dessin en live sur Twitch

Les références des artistes évoqués

Sylfaenn : The Green Ferret (et son oncle d’AmĂ©rique)

Un furoshiki en image

D’autres questions ? đŸŒ·

Si tu veux rĂ©agir Ă  un sujet abordĂ© dans le podcast ou poser une autre question, n’hĂ©site pas Ă  m’en faire part en commentaire de cet article ! 🙏 Merci pour ton Ă©coute et ta considĂ©ration, Ă  bientĂŽt ! 🙂

Poncho

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